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Pourquoi vous ne devriez pas lire Originals d’Adam Grant

Trois livres figurent parmi les meilleurs livres que j’ai lus : Quiet de Susan CainThe Go-Giver de Bob Burg et John David Mann, et Give & Take d’Adam Grant. Ces livres ont suscité maintes discussions et m’ont bien fait réfléchir sur la question de l’amélioration personnelle, du point de vue de l’écoute et de la « générosité stratégique ».

Grant est un auteur que j’ai connu davantage après l’avoir entendu parler de son premier succès de librairie, Give and Take, à l’Université de Toronto il y a de cela quelques années. Quand j’ai appris que le dernier livre de Grant, Originals, serait publié le 2 février, je me suis mis à attendre cette date avec impatience, et ce, particulièrement après avoir répondu au questionnaire éclair pour voir si je savais ce qu’il fallait pour être original. Les questions posées étaient du genre                               « Comparativement à l’ensemble de la population, les entrepreneurs sont généralement : (a) Plus prudents face aux risques encourus (b) Moins prudents face aux risques encourus ou (c) D’une beauté absolument extraordinaire. »

Évidemment, j’ai répondu (c), ce qui explique pourquoi je n’ai répondu correctement qu’à 6 des 15 questions posées (ce qui correspond en fait à la note moyenne). Mais quelle est l’efficacité réelle de tels questionnaires en ligne?

Arrêt brutal

Le thème principal d’Originals, à savoir, « Comment les anticonformistes font avancer le monde », remet en question certaines des hypothèses communément avancées à propos des innovateurs, perturbateurs et leaders.

Lorsque Grant décrit, dans Originals, comment l’un des gérants d’Apple a eu le courage de défier Steve Jobs, je me suis mis à réfléchir à ma propre période d’emploi chez Apple. Cela semble facile, compte tenu des publicités télévisées d’Apple qui promeuvent « penser différemment ». Mais à la lumière de mon expérience chez Apple, c’est plus facile à dire qu’à faire. La recherche de Grant démontre par ailleurs que ma loyauté envers le navigateur Safari pourrait indiquer chez moi un certain manque d’originalité.

J’en suis donc venu à un arrêt brusque. Je me suis dit que seul un anticonformiste saurait recommander aux autres de lire un tel livre. Je vous donnerai donc trois raisons de ne pas lire Originals :

    • 1. Après un tiers du livre environ, l’auteur nous fait part d’une étude réalisée par Teresa Amabile dans laquelle elle demande aux gens d’évaluer le niveau d’intelligence et l’expertise des critiques littéraires du New York Times. Il s’avère que les critiques littéraires dont les comptes rendus de livres étaientplus virulents ont été jugés être 14 % plus intelligents et avoir 16 % plus d’expertise que les critiques plus élogieux. (Comment un auteur à succès et professeur à Wharton School peut-il inclure un tel fait dans son œuvre, sans s’attendre à recevoir une critique cinglante?)

 

    • 2. Avoir l’étoffe d’un entrepreneur peut être synonyme de solitude pour certains, et il existe une croyance populaire selon laquelle il convient de prendre des décisions audacieuses, voire imprudentes, pour réussir. Grant pose donc la question suivante :

« Il est difficile de frapper un coup de circuit si l’on ne vise pas la clôture.  N’est-ce pas? » Adam Grant

  • Il donne l’exemple de Warby Parker et relate comment les fondateurs de cette entreprise ont « cherché à se couvrir » plutôt que de se lancer à l’aveuglette, ce qui en bout de compte a déstabilisé une industrie de plusieurs milliards de dollars. Personnellement, je trouve cette hypothèse assez difficile à avaler, puisqu’elle suggère que les entrepreneurs et chefs de file prospères prennent des risques calculés, plutôt que d’y aller « à plein régime sans se soucier des conséquences ».

 

  • 3. L’auteur discute de « l’effet Sarick », selon lequel l’entrepreneur Rufus Griscom tente d’attirer des bailleurs de capital à risque pour démarrer son entreprise Babble. Griscom, cependant, et contrairement à la plupart des entrepreneurs, a présenté un diaporama des 5 meilleures raisons de ne pas investir dans son entreprise. Comme le remarque Grant, cette approche paradoxale aurait dû détruire tout espoir de mobiliser des fonds, mais a au contraire permis à Babble d’amasser 3,3 millions $ cette année-là. Mais cela doit faire figure d’exception. En effet, que penser de la crédibilité d’une philosophie d’entreprise à l’image d’un épisode de Seinfeld mettant en vedette George Constanza?

 

À la recherche de directives

Vous savez sans doute déjà que j’ai apprécié la lecture d’Originals, puisque l’œuvre insiste sur le fait que se faire entendre face à l’adversité est difficile, mais absolument nécessaire à tout changement constructif. Derek Siversraconte dans cette fantastique vidéo (en anglais) de 3 minutes qu’« être original signifie souvent être le premier à suivre, plutôt que le premier à mener »

L’une des personnes les plus originales dans ma propre vie est mon épouse, et elle sait l’être de façon constante et discrète. J’ai la chance d’être entouré de plusieurs personnes qui partagent cette mentalité assez particulière, de mes mentors et conseillers, à mes clients importants avec lesquels j’ai collaboré pendant de nombreuses années. Si je me fie à ma propre expérience à titre d’éducateur travaillant en étroite collaboration avec des cadres supérieurs, je me rends compte que ce qui sépare les simples « gestionnaires » des « originaux » (leaders) est cette capacité à se faire entendre lorsque cela est nécessaire. Ces leaders possèdent une curiosité naturelle et une insatiable soif d’apprentissage. Ils ne laissent pas leur fierté personnelle entraver leur ouverture d’esprit et ne prétendent pas avoir réponse à tout. Ils font preuve d’humilité et demandent des directives lorsqu’ils perdent le cap.

Dans un univers numérique branché, il est plus crucial que jamais d’être ouvert aux nouvelles idées, car les médias sociaux peuvent nous mener tous au conformisme. Il s’agit parfois tout simplement de suivre un « mème » populaire, ou l’esprit du temps, sans se poser de questions.

La lecture de ce livre m’a poussé à réfléchir à certaines choses que je prétends connaître en tant qu’entrepreneur, et également en tant que père. À un point tel que j’ai acheté plusieurs exemplaires que je prévois donner à mes clients et amis. Il est inconcevable de conseiller à autrui de lire un livre si l’on n’est pas prêt à joindre l’acte à la parole. Originals est un excellent livre et si une critique littéraire élogieuse porte atteinte à mon intelligence ou à mon originalité, qu’il en soit ainsi. Je dois demeurer fidèle à moi-même.

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Traduction courtoisie de Alexa Translations