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Pourquoi des enfants canadiens se retrouvent-ils encore sur la liste d’interdiction de vol et que peut-on faire?

C’est la veille du jour de l’An et notre fils de six ans regorge d’enthousiasme, car il verra bientôt ses chers Canadiens de Montréal jouer dans le Classique de la LNH.

Avant qu’il puisse embarquer sur le vol d’Halifax, il doit attendre d’être autorisé à voler par Air Canada. Il a été mis sur la liste canadienne d’interdiction de vol.

Ayant vécu ce même scénario à plusieurs reprises depuis qu’Adam a l’âge de six semaines, nous avons « tweeté » Air Canada leur demandant pourquoi notre enfant de six ans, né au Canada, était sur la liste d’interdiction de vol pour personnes à risque élevé. Nous avons joint une photo prise deux semaines auparavant montrant l’écran d’un agent à l’enregistrement appelant la sécurité.

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Nous ne savions pas qu’un petit « tweet » retiendrait l’attention à l’échelle nationale et engendrerait des demandes de renseignements de la part de médias internationaux. Cet intérêt et ce soutien des Canadiens nous ont poussés à poursuivre notre enquête de six mois pour découvrir la vérité.

Plutôt qu’être une victime, ma femme Khadija a répondu à d’autres parents qui se sont courageusement manifestés en dépit de leur peur d’être stigmatisés. Si un enfant est sur une liste de sécurité, il doit y avoir une raison, non? Les autres familles nous ont donné le courage par la force du nombre.

En six mois, la liste d’interdiction de vol aux enfants a augmenté atteignant le nombre de 44 enfants canadiens et leurs noms ont été fournis directement au ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

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Ces 44 enfants sont la pointe de l’iceberg et ne sont pas seulement des enfants bruns, arabes ou musulmans. Les enfants sur la liste d’interdiction de vol sont aussi d’origine anglaise, française, irlandaise, juive et chinoise. La variété est le reflet du Canada de sorte que nous n’étions pas surpris de voir sur la liste l’enfant d’un parent déployé par les Forces armées canadiennes. Un autre enfant (avec une carte Nexus) a un parent qui est un pilote pour une compagnie aérienne canadienne.

Tout cela parce que la liste d’interdiction de vol du PPP (Programme de protection des passagers) canadien est compilée strictement selon le son et l’orthographe de votre nom. Il n’y a pas d’identificateurs uniques tels que la date de naissance, le numéro de passeport ou le numéro d’assurance sociale. Bien que M. Goodale ait souligné, le 7 janvier dernier, que les compagnies aériennes ne devraient pas procéder aux contrôles des enfants canadiens âgés de moins de 18 ans, les compagnies aériennes canadiennes l’ont fait pendant des mois et continuent de le faire aujourd’hui. Un employé d’Air Canada, qui a souhaité garder l’anonymat, l’a confirmé à Radio-Canada il y a six semaines.

Nous avons plus tard découvert que les aberrations de la liste d’interdiction de vol n’ont pas du tout changé lorsque notre fils a été contrôlé à nouveau en mars sur un vol domestique vers Edmonton. Cela s’est produit trois semaines après avoir reçu un numéro de recours du Département de la sécurité intérieure des États-Unis. C’est de cette façon que nous avons découvert que le problème provenait du Canada.

Les fonctionnaires qui ont créé et qui gèrent maintenant la liste canadienne d’interdiction de vol l’ont conçue d’une manière incomplète sans interactivité et sans la possibilité d’acquitter les faux positifs électroniquement à l’avance. Je m’exprime ainsi en tant que personne qui a fièrement travaillé pendant quatre ans comme agent de bord chez Air Canada, qui a obtenu une maîtrise en informatique et qui a travaillé pendant des années dans le commerce électronique pour des entreprises telles que Apple. Après avoir servi sur les lignes de front de l’aviation, je comprends le besoin d’assurer la sûreté et la sécurité au Canada. Mais, quand vos enfants ou quand d’anciens combattants canadiens vous racontent que leurs collègues, membres de la Légion canadienne, se retrouvent également sur la liste d’interdiction de vol, c’est un outrage.

Quelques amis mentionnent à la blague que Adam méritait d’être sur la liste en tant qu’admirateur du Tricolore. Peut-être qu’un admirateur des Leafs l’a mis sur cette liste? D’autres ont dit : « C’est seulement un retard de cinq minutes, donc arrêter de pleurnicher. ». Mais, quand notre fils était âgé de 18 mois, au cours de vacances en famille au Mexique, les autorités frontalières ont confisqué nos passeports pendant 30 minutes, sans aucune explication. Ce fut une situation stressante surtout quand elle se déroule dans un pays étranger. Quel parent canadien veut que leur enfant, à l’âge de 18 ans, demeure sur une liste de surveillance de la sécurité en tant qu’adulte?

Certains ont opiné : « Changez le nom de votre enfant ». Mais, le gouvernement fédéral ne vous dira pas si la liste existe, si votre enfant est sur la liste et comment être ajouté ou retiré de cette liste. Même si vous réussissez à changer le nom de votre enfant pour un nom n’apparaissant pas sur la liste, on pourrait bien vous demander : « Pourquoi avez-vous changé le nom de votre enfant? Avez-vous quelque chose à cacher? » Toute cette situation est kafkaïenne.

Air Canada a suggéré d’utiliser un numéro Aéroplan. Le problème est qu’Adam et d’autres enfants sur la liste d’interdiction de vol ont eu un numéro pendant des années et ça ne fonctionne pas toujours.

Nous voulons que le gouvernement fédéral fasse trois choses :

  • 1. Tout d’abord, retirer immédiatement tous les enfants canadiens de la liste d’interdiction de vol.
  • 2. Deuxièmement, créer un système de recours canadien pour éliminer les faux positifs.
  • 3. Troisièmement, superviser toutes les compagnies aériennes canadiennes qui utilisent les listes d’interdiction de vol dans l’éventualité où maintenir une liste à jour serait considéré comme un « centre de coûts » inutile par les dirigeants des compagnies aériennes.

 

Il y a trois semaines, Sécurité publique Canada a annoncé la création du BDRPPP (Bureau des demandes de renseignements du Programme de protection des passagers). Il est à noter que ce gouvernement fédéral n’a tardé que six mois pour prendre des mesures comparativement au gouvernement précédent qui a tardé six ans.

Nous sommes prudemment optimistes étant donné que M. Goodale s’est personnellement engagé à créer une solution permanente dans un délai de 18 mois. C’est un but digne d’être célébré, même si vous n’êtes pas un admirateur du Tricolore.

Avez-vous des commentaires, questions ou des idées à partager à propos des enfants sur la liste d’interdiction de vol veuillez visiter: www.noflylistkids.ca       Si oui, veuillez les inscrire à la section des commentaires ci-dessous. Cliquez sur « J’aime », « Partager » et/ou « Twitter » pour partager cet article LinkedIn. Vous êtes également invité à me suivre sur LinkedIn et/ou sur Twitter

Initialement édité dans “The Globe & Mail (06/27/2016).  Mercis spéciaux à Bob Ramsay, Natasha Hassan, Amberly McAteer, Jerome Kinoshita et Khalid Elgazzar pour leur assistance. 

Traduction courtoisie de Alexa Translations